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Un nouveau masque, un nouveau concept

Impossible de s’arrêter. Une fois lancé, le processus créatif ouvre de nouvelles portes sur de nouvelles idées. L’élan s’impose et dicte qu’on s’y mette. C’est comme la lecture d’un livre, elle en ouvre un autre. C’est en cousant de nombreux masques de lin et coton que l’idée a germé d’un masque tout lin avec la possibilité d’insérer un filtre lorsque le besoin d’une plus grande protection se fait ressentir. Pourquoi un masque tout lin? Pour bénéficier entièrement des propriétés remarquables du lin, respirante, antibactérienne et antifongique naturels (sans avoir besoin d’un puish-puish additionnel ajouté en industrie dont on ne connait pas vraiment les composantes ni les effets), thermorégulatrice (ce qui signifie que le lin garde la peau fraîche en toutes circonstances), biodégrable et durable, pour ne nommer que celles-là.

Pour ce nouveau masque, les paramètres de base demeurent les mêmes, soit de conserver le modèle de l’AFNOR qui offre une forme organique, en harmonie avec le visage en plus d’une norme nationale reconnue. Toutefois, il fallait revoir les proportions du masque afin de créer un espace suffisamment large pour ajouter un filtre, sans se battre avec celui-ci et convenir que la pratique est si fastidieuse que nous la délaisserons sans hésiter. Il fallait aussi conserver l’ajustement aux oreilles et la barrette nasale, qui sont des éléments de personnalisation des plus importants pour offrir un masque qui s’adapte à tous les visages. Par ailleurs, je tenais absolument à ce que ce nouveau masque soit le reflet d’une mode élégante, tendance, de style hygge. Je voulais des finitions « couturier », soignées, haut de gamme. Ces finitions, du fait que la couture soit retournée et passe à quatre épaisseurs de tissu, imposaient ses contraintes, auxquelles il fallait penser. Pour un masque plus esthétique, je tenais de surcroît à ce que le nœud de l’ajustement aux oreilles soit dissimulé derrière l’oreille, ni trop haut pour nuire aux lunettes, ni trop bas, ce qui le rend visible. L’idée de la boucle faite en élastique, qui confère un look discret, a donc surgi afin de répondre à cette exigence.

De fil en aiguille, l’idée de la boucle élastique s’est imposée à notre modèle standard, qui sera dorénavant fait sur ce principe. Notre modèle standard se trouve donc également modifié par la création du nouveau modèle. En plus de la boucle élastique, le fil de la surjeteuse qui finit les côtés sera assorti à la couleur du masque. La grandeur de 18,5 cm carré passe à 19 cm carré pour la taille Femme. Le masque standard est donc entièrement revu lui-aussi…et toutes les photos sont à refaire, puisqu’il n’est plus tout à fait le même. Tout cela en deux semaines et beaucoup de travail.

Pour conclure, concevoir un nouveau modèle, dessiner et coudre les prototypes, revoir une manière de faire, repenser l’usage d’un produit, devient une forme d’art.  C’est l’art du quotidien. Pour moi, les choses ne peuvent pas être simplement utilitaires et offrir les meilleures qualités techniques possibles, elles doivent aussi être esthétiques, définir un style et créer quelque chose qui dépasse le produit lui-même. J’ai lu quelque part (je ne sais plus où, je ne pourrai donc pas citer l’auteur, ce qui me désole) que la mode est une lentille qui nous montre ce que nous valorisons comme société. Dans ce contexte, la pandémie a révolutionné notre quotidien et la mode en est aussi le reflet. Le port du masque montre que la vie telle que nous l’avons connue durant des décennies a changé en profondeur et qu’elle ne sera plus jamais tout à fait la même. C’est peut-être ce que nie les gens qui refusent son port. Je ne sais pas. C’est une idée qui surgit là, en écrivant, à l’instar des autres processus créatifs. Nous vivons une époque qui recèle un immense potentiel de transformation à tous égards, environnemental, relationnel, sociétal, etc. Qu’en ferons-nous?

 

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